Depuis quelques jours, notre commune est recouverte d'un beau tapis blanc. Maintenant, tout le monde se pose la même question : faut-il saler, sabler ou ne rien faire ? Des réponses à vos questions.
Dans le domaine routier, le salage est l'action de répandre un fondant routier, du sel en l'occurrence, sur la chaussée afin de faire fondre la pellicule de glace ou de neige compactée.
Le sel peut être épandu :
avant la formation de la pellicule de glace pour empêcher la formation de celle-ci, on parle alors de traitement préventif,
après l'apparition de la glace ou de la neige durcie, on parle alors de traitement curatif.
Traitement curatif de la neige
Il existe trois types de neige :
la neige froide (impossible d'en faire une boule). Elle ne colle pas à la chaussée. Elle s'envole sous les roues des véhicules. Il est en principe inutile de la saler,
la neige humide (on peut en faire une boule). Le salage est utile,
la neige mouillée (on peut en faire une boule qui devient dure). Elle est évacuée sans traitement par le simple effet mécanique du trafic et il n'est pas nécessaire en principe de la traiter par des fondants.
Remarques fondamentales
En déneigement, le traitement essentiel est le raclage, on ne traite pas la neige pour la faire fondre mais pour éviter que le trafic ne la compacte et ne la rende glissante. L'action du trafic est nécessaire pour brasser le sel sur la masse neigeuse.
La conséquence immédiate est qu'on ne doit pas saler une route enneigée où il n'y a pas de trafic. Il est donc important d'épandre du sel (lorsque la nature de la neige et les conditions météorologiques le rendent nécessaire) dès le début de la chute pour que la pellicule neigeuse puisse aisément se décoller sous l'action du raclage.
Recommandations pratiques
En cas de traitement sur une couche neigeuse, il convient de racler la neige après que le salage a fait son effet,
On ne fait pas de traitement curatif de la neige en moyenne ou forte épaisseur par salage mais par raclage,
Il n'y a pas lieu de faire un traitement curatif de la neige par salage lorsqu'il fait froid : le chlorure de sodium est totalement inefficace au-dessous de -10° et risque de provoquer la formation de verglas par suite du refroidissement dû à la fusion de la neige (chaleur latente de fusion Lf = 334 kJ/kg).
Traitement préventif du verglas
L'objectif du traitement préventif est la recherche à la fois de la plus grande sécurité et de la plus grande efficacité.
Pour ce faire, le salage préventif ne doit pas se pratiquer trop longtemps avant le risque d'apparition du verglas, d'où la nécessité de surveiller l'évolution des conditions météorologiques.
Dans tous les cas, il convient de :
ne saler qu'après la pointe du soir (obtention d'un dosage homogène et sel restant suffisamment longtemps sur la chaussée pour former une solution saline),
limiter autant que possible le dosage à 10 g/m² pour le sel solide,
traiter une largeur de voie diminuée d'un mètre par côté de chaussée.
Le traitement préventif ne dispense pas de la surveillance du réseau. En effet le sel est un matériau hygroscopique, c'est-à-dire qui a la capacité d'absorber l'eau sous forme de vapeur présente dans l'air qui passe ainsi à l'état liquide en se déposant à la surface de la chaussée. La teneur en sel de la solution saline présente sur la chaussée a donc tendance à baisser d'autant plus vite que l'air est plus humide. Elle peut ainsi devenir insuffisante pour empêcher la formation de glace sur la chaussée.